Le « HCL (Human Centric Lighting) » sort de l’ombre…

En fait, moi je le traduirais par « l’éclairage pour moi ! »

C’est très bien que cela soit mis en avant. Nous avons testé cela depuis longtemps, ça fonctionne !
C’est très agréable, un progrès !

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À la base, c’est simple. Le cycle « circadien » naturel de l’homme, c’est la lumière du jour naturelle contenant beaucoup de bleu et la lumière du soir plutôt jaune comme la lumière des premières lampes à huile type Lascaux et l’ampoule à filament qui lui a succédée.

Si la journée je m’éclaire avec une lumière de type soir, cela va me perturber, alors qu’un éclairage artificiel similaire à la lumière du jour sera plus favorable à mes activités.

Le « HCL » c’est la variation en température de couleur d’un luminaire allant de la lumière très froide à très chaude. Comment gérer cela ?

Maintenant l’offre grandissante nous propose une gestion automatique, connectée et asservie, fondée sur des études sérieuses.
C’est le cycle circadien de l’homme qui est en jeu. Le passage d’une température de couleur à l’autre est imposé, programmé et difficile à changer par l’utilisateur.

Je suis d’accord lorsqu’il s’agira d’installations communautaires comme des maisons de retraite. Dans ces lieux, le fait de changer automatiquement les luminaires des parties communes en lumière chaude le soir détendra les habitants après le dîner. Ils n’en dormiront que mieux.

Il y a plus de dix ans, j’ai commencé les essais « HCL » chez moi, avec des commandes manuelles bien sûr. Le matériel a bien évolué depuis, mais je reste en contrôle manuel et local.

Peu de personnes dans mon entourage se sont familiarisées avec ces outils, je fais donc l’allumeur de réverbères des temps modernes. Je décide de la température de couleur à mettre au moment où j’ai le doigt sur le bouton… Là commencent les problèmes et la gestion de conflit…

Exemple :
En décembre, je rentre chez moi vers 19H, Il fait nuit. Mon bureau était éclairé en lumière du jour toute la journée.
Ma femme est là dans l’appartement, elle a mis la lumière en 2000K. Cette température de couleur est très chaude, c’est la lumière qui rend les femmes belles, celle qui réduit la visibilité et le contraste, c’est l’ambiance « lounge ».

Une vibration cotonneuse m’envahit, comme un gentil coup de barre me focalisant sur le canapé tout proche. Je lutte pour ne pas m’endormir debout. Je négocie rapidement une température de couleur plus élevée, je demande un 3500K gentiment. Elle refuse. Le deal est clos à 3000K.
Voilà la situation.

Le matin, c’est également un sketch, je fais monter graduellement la lumière jusqu’à plus de 4000K, plein pot, alors que ma femme souhaite rester dans l’ombre, entre chien et loup…

J’imagine à présent avoir succombé au côté obscur du numérique, et les lumières ainsi que d’autres fonctions de mon appartement sont connectées, « meshées », « algorithmées », et « googlisées ».
Mon téléphone intelligent mené de main de maître par Google et les autres, ma géolocalisation activée en permanence, je reprends le même scénario que l’exemple ci-dessus, décembre Paris, 19h :

Je suis en voiture, je rentre chez moi.
J’interroge le système :
« Quelle est l’ambiance à la maison, ma femme est-elle là ?
– Votre femme est là, l’éclairage est en 2055K niveau de puissance 53%, niveau d’humidité 31%, champs électromagnétiques fluctuants de 0,5 a 4V/m. La qualité de l’air est acceptable 35PPM NO².
– Merci, alors tu vas faire changer tout doucement la température de couleur pour atteindre une couleur cible de 3500K le temps que j’arrive, sans augmenter l’intensité, compris ?
– Oui répond le système, changement enclenché à 19h03, si je vois que vous prenez du retard dans la circulation, je ralentirais le programme.
– Bien, mets-moi un Frank Zappa s’il te plaît et tais-toi ! »

J’arrive à la maison, suspense…
Soit :
– Ma femme n’a rien vu, le changement était très lent, et mon arrivée lui fait plaisir, le truc a réussi !
– Ma femme s’en est rendu compte, a remis en 2000K, et me signale un bog système…
– Elle a tout compris, je me fais enguirlander et nous négocions la température de la lumière…

Nous allons tous découvrir de nouvelles possibilités de réglage de lumière, il est clair que nous ne serons pas toujours d’accord ! Il va falloir expérimenter…
Beaucoup plus utile l’hiver que l’été, je peux simuler le jour au petit matin et en fin d’après-midi, je trouve très bien de pouvoir modifier mon cycle circadien au besoin !
C’est en permanence nécessaire quand il s’agit de locaux aveugles sans fenêtre comme les ERP, transports souterrains, ou encore des bureaux en sous-sols.

Les fabricants et distributeurs devront être à l’écoute du retour d’expérience des utilisateurs. C’est eux qui nous fourniront les usages, les indications de fonctionnement après avoir utilisé un bouton manuel suffisamment longtemps dans des conditions multiples.

C’est l’expérience que je propose pour l’application des grands principes du « HCL », des drivers intelligents avec des boutons analogiques, le tout géré en local sur réseau câblé si possible avec un minimum de radiofréquences.

Nous sommes en train de construire les IHM (interfaces homme-machine) des temps futurs pour que les progrès technologiques de l’éclairage soient bénéfiques au bien-être, à la santé de l’humanité, pour un plus grand confort, de nouvelles applications, l’éclairage peut calmer, apaiser, relaxer comme il peut stimuler l’intellect, dynamiser, exciter !

À vos LED !

Installation prototype Woman Centric lighting au salon Vitrines et tendance Lyon.
Installation prototype Woman Centric Lighting au salon Vitrines et tendances à Lyon en 2007.
Salon d’essayage haute couture éclairé par LED avec variation de 2700K à 5700K.

Robe Nicolas Fafiotte, mannequin Naila, direction artistique Diane Séguret.