18h veille de l’ouverture, je débarque avec mon stand sur le toit de ma voiture.


Il me fallait aménager 1,5m² pour présenter les premières broches électroniques avec des LED. J’étais passé par l’épreuve du dépôt de brevet et avais bien préparé mon affaire… En fait, je peux le dire maintenant, mon stand était truqué … C’est-à-dire que j’avais en main 2 broches équipées de LEDs et de piles boutons, prototypes fonctionnels certes, mais pas très convaincants… Alors nous avions monté avec mon ami Patrick, des factices, fait à partir de kits électroniques de l’époque (notamment un jeu de dés à LEDs). Le tout, dans une sorte de guérite fermée, au fond un siège pour l’inventeur et devant une vingtaine de broches en résine brillaient de tous leurs feux, boostées à fond pour la plus grande attraction possible. Le tout noir profond pour augmenter le contraste et dessus une enseigne animée avec rouleau tournant pour un effet d’optique de couleurs mouvantes autour de l’accroche en grosses lettres  « Bijoux Électroniques « . J’avais sous-estimé le travail qui s’est fini à 6H du matin, là, épuisé, je m’endors sur le siège de mon micro stand avec tout l’ensemble en ordre de marche et en fonctionnement, LED et enseigne allumées…

9 heures 30 du matin, la foire de Paris ouvre ses portes… Dans mon sommeil j’entends un brouhaha, j’ouvre les yeux, et je vois devant moi une foule de gens agglutinés qui sont complètement captivés par les lumières. J’ai passé quelques secondes sans plus savoir qui j’étais, ce que je faisais là, ce que ces gens me voulaient… Mais je suis vite revenu à moi et je n’ai pas arrêté de parler pendant toute la foire… Cela a été une semaine de formation accélérée aux affaires ! Mes voisins étaient de purs camelots qui vendaient en costume cravate des rouleaux à peinture avec réservoir incorporé… La stratégie du postiche avec le baron dans l’assistance, ils étaient fameux ! Mister gadget est venu me voir, il a vu tout de suite l’impact de la LED qui clignote et depuis cette date, il est resté notre meilleur fan. Une grande rencontre a eu lieu, celle de mon ingénieur, Monsieur Lafonta qui m’a proposé de suite de réaliser un circuit électronique adapté. Nous travaillons toujours ensemble depuis presque 30 ans, c’est notre grand maître des technologies modernes. Je ne dois pas oublier aussi de citer Robert Ronceret, représentant de commerce qui a, des années plus tard, couvert les portes-cochères de Paris de panneaux de stationnement interdit à LED… Alors, après tant d’informations, d’encouragements, de propositions d’aide et de soutien, plus une médaille de vermeille et le prix spécial du plus beau stand du concours Lépine (1,5m² gagnant !), je me suis lancé à fond dans la fabrication en série pour commencer mes premières ventes début 1977 à la boutique Fiorucci des Champs Élysées ! Merci, Jacqueline, tu as été la première et tu as prouvé qu’il était possible de vendre des produits futuristes 10 ans avant la mode ! (La meilleure période de vente des bijoux/pins électronique à LED a eu lieu fin des années 80, au moment même où nous avons commencé nos premières applications PLV !). Si j’avais loupé mon concours Lépine, vous n’auriez jamais eu de systèmes LOUPI ! Que le Gallium soit avec vous !