La relation franco-allemande de Loupi a commencé au début des années 80, au salon des Ateliers d’Arts qui était alors une pépinière de micro-entreprises (Plus de 1000 exposants) avec des productions classiques, mais aussi de nombreuses innovations et c’est là que j’ai rencontré Achim PerleBerg, le créateur d’Electronic Art Gallery, qui venait en France pour trouver de bonnes idées.

En 85, nous avions déjà eu des échanges de produits, j’essayais de leur vendre ma dernière invention, le pin’s à LED, fait d’une sorte de pastille creuse contenant une électronique miniaturisée et ses piles, et le motif qui était un pin’s émaillé ultra plat avec une ou deux LED miniatures. Le tout se connectait au travers du vêtement, grâce à des « poussettes belges », pièces de bijouterie qui servent pour les boucles d’oreilles…
Ce produit était entièrement français, un bijoutier, un ingénieur, un mouliste d’Oyonnax, des PCB faits dans la Drôme et les pin’s émaillés fabriqués à Ménilmontant… Nous produisions tout.
Les Allemands trouvaient l’objet très bien, en avaient acheté un premier lot et nous avions rendez-vous ce soir-là à Paris, à l’Épi d’Or…
Au moment du café, alors que nous parlions de ce pin’s à LED, Uwe, le manager d’EAG, demanda le silence et sortit de sa poche un objet qui ressemblait étrangement au pin’s à LED… J’ai regardé de plus près et j’ai vu une copie de mon produit !
Celui-ci m’expliqua qu’ils avaient été prospectés par un Chinois de Taiwan et qu’ils lui avaient remis un pin’s électronique Loupi avec pour mission de faire une offre de prix pour des livraisons en volume ! 2 mois plus tard, c’était fait… avec une maquette fonctionnelle, mon premier « MokeUp »…
Quelle émotion ! Je n’en croyais pas mes yeux, il n’y avait qu’une tache noire dans la pastille, une « puce » embarquée, alors que nous n’avions pu aller plus loin que d’utiliser des SMD, les plus petits composants…
Et le prix, surprise, c’était moins de la moitié…
Il y avait juste un petit sacrifice à l’efficacité, l’autonomie était plus courte, mais ça brillait un peu plus, tout ce qu’il faut pour bien vendre ! Alors, les Allemands m’ont proposé l’aventure Taiwan en partenariat avec pour objectif d’inonder nos deux pays de pin’s électroniques à un bon prix marché que je n’étais pas en mesure de faire en restant « made in France »…
Qu’auriez-vous fait à ma place ?
L’aventure de l’extrême Orient était très tentante, et nous avons scellé ce soir-là un accord de partenariat, toujours en vigueur à l’heure actuelle. Nous avons été à Taipei city en 86, essuyer les premiers déboires en 87, en 88, ça a commencé à tourner, en 1989, plus d’un million de pièces de vendues, 1990, le top… Objectifs atteints et dépassés ! Une micro ‘success story’ européenne…
Et c’est en 1989 que je pénètre pour la première fois au salon de la PLV de Paris, ma sacoche bourrée de LED avec l’intention évidente de les embarquer dans les présentoirs… Ils n’ont pas été faciles à convaincre, mais j’ai pu rencontrer des fabricants prêts pour l’intégration des LED et c’était parti pour le développement des systèmes dédiés « marketing at retail » !